Archives mensuelles : mars 2014

Voir sa prétention et ses jeux de manipulations. Qui suis-je donc?

En écho à un enseignement qui est avant tout en négative — ne surtout pas se dire humble mais bien plutôt voir son arrogance — ce site se voudrait expression d’une posture qui est celle de celui qui ne ferait rien d’autre que de voir son ignorance. « Regardez! Vous aller voir », indique Jean Bouchart d’Orval.  Voir encore et encore, ou écouter ce qui revient au même, sachant que la constatation qui est la mienne, est celle d’une incapacité à voir, d’une incapacité à arrêter de faire, de prétendre, d’élaborer des stratégies, diverses et multiples, qui sont autant de manipulations à destination de mon entourage pour maintenir en vie cette image de moi qui me sécurise et qui à la fois me fruste. Cela je ne le vois pas encore car je souffre de mal voir cela.  Car cette image-là me limite … alors que je ressens fortement cet élan d’expansion et d’ouverture sans borne, un élan vers qui je suis que je pressent être « pur lumière consciente », la nature de Shiva, espace infini.

Ceci étant rappelé, le débat que j’ai avec mes amis et mes enseignants sur la formulation d’un texte d’avertissement sur qui je suis (en introduction du site) manifeste autant un souci de transparence que la peur qui est la mienne et la difficulté à me positionner de manière affirmée sur qui je suis vis-à-vis de l’autre. Ce pourrait-il qu’un tel individu prétende enseigner le yoga?

La première formulation était la suivante: AVERTISSEMENT: le contenu texte du site est si maladroit qu’il manifeste magnifiquement ma prétention à être autre chose que ce que je suis. Et pourtant je suis « pure lumière consciente » (Jean Bouchart d’Orval).  Le pardon que je m’accorde vis-à-vis de mon ignorance ouvre toutefois un espace de détente qui est rendu possible à celui qui voit son arrogance avec honnêteté.

Reformulé par un ami enseignant expérimenté, le propos de mon avertissement pourrait bien entre le suivant:

Ce site, dans sa formulation écrite, pourrait bien être prétentieux s’il s’inclinait devant cette tendance de l’ego à se présenter lui-même meilleur qu’il ne l’est ici et maintenant ; égocentriquement, je pourrais m’être laissé aller à me croire cette « pure lumière consciente » (Jean Bouchard d’Orval), que le Yoga nous dit être notre nature essentielle et à laquelle j’aspire  ardemment. J’ai peut-être cédé à cette habitude égotique. Mais le pardon que j’offre à mon ignorance a la vertu d’ouvrir un espace de détente possible à celui qui voit son arrogance du moment avec honnêteté.

Questionner sur ces deux formulations, Jean Bouchart d’Orvl me donna le conseil suivant: « À votre place, moi je ne mettrais aucun avertissement. Soyons simples! Ceux qui ne sont pas contents iront voir ailleurs, tout simplement. Aucune mention de l’ego n’est requise. Ne parlons pas des absents ».

L’avertissement est retiré du site. Bien sûr c’est la peur qui me fait me cacher derrière des formulations qui se voudraient transparentes sur qui je suis alors même qu’en procédant de la sorte je ne fais que visibilsier ce qui en moi est de toute façon absent. Je reste avec ce ressenti d’espace et de joie, Merci.

 

Pourquoi pratiquer le yoga?

Si « le yoga ne sert à rien » (et il en va de même pour toutes les pratiques traditionnelles), alors pourquoi pratiquer? Par Amour, me rappelle le sage. Tout simplement. Le yoga est par et non pas pour quelque chose. Je pratique parce que je suis porté par un élan d’amour, ma nature profonde à ce que je peux pressentir. Cela me pousse et m’ouvre à connaître qui je suis et le yoga en serait sa célébration. Il n’y a pas d’effort quand il y a amour, encore moins volonté d’arriver à quelque chose. S’il y a effort, alors le yoga n’est pas fait pour moins et ce n’est pas grave. L’amour est sans but. La joie, elle, qui se déploie dans l’espace ainsi libéré,  est sans objet, rappelle le sage. Jean Léchim, à qui j’ai fait part de mon interrogation, indique, se référant à Eric Baret :  « pourquoi la pratique dans une approche non-duelle ? Pour rien, si ce n’est que comme un merci à la vie : mais avec persévérance et rigueur ». Qu’il en soit ainsi.

David Gaillard

Serait-ce maintenant ce « maintenant » ? 

La citation « Et maintenant commence la pratiquer du yoga », traduction de mémoire, maladroite, du texte d’ouverture d’un célèbre manuel de yoga traditionnel, ne peut que questionner tout chercheur de vérité. Serait-ce maintenant ce « maintenant » ? Il se pourrait bien que oui, ou bien que non, la destiné s’accomplit ou pas. C’est tout. Rien à faire d’autre que de voir avec humilité et honnêteté son fonctionnement.

Exercice pratique. Mon étonnement, bien vite (forcément) rattrapé par un agacement difficilement maitrisable (et pourquoi faudrait-il le maitriser ?) confronté à ces beaux corps et à cette joie des yogis sur papier glacé (je songe à toutes ces pub sur le yoga et les stages qui s’y réfèrent) est à ce titre un cadeau puisqu’ils visibilisent un mécanisme, le mien, égotique et basé sur la comparaison, le jugement et la frustration de ne pas correspondre à l’image que l’on s’est forgée de soi et que l’on s’acharne comme un désespéré à maintenir vivante  à ses propres yeux autant qu’au regard de l’autre. Je suis en souffrance. Ah! Que d’énergie dispersée pour faire de sa vie une vie heureuse alors qu’il n’y a, en faite, rien à réussir dans la vie. Tout est ok. On peut se détendre, rappelle Jean Bouchart d’Orval. La parole vivante de ceux qui parlent du silence et dont les mots pointent vers ce même silence est précieuse. Merci.

David Gaillard