Archives mensuelles : février 2015

« Demeure l’obscur et lumineux silence ». Se taire.

Dans les pas de Denys l’Aérophagie, mystique chrétien du 6ème siècle, adepte d’une théologie aphasique qui résonne avec le « Ni ceci ni cela » de Cankara, demeurons dans « l’obscure et lumineux silence » puisque si le Réel n’est ni ceci ni cela, si on ne peut rien en dire, alors peut-être mieux vaudrait se taire ou demeurer dans ce silence-là qui le connaît en ne le connaissant pas. Laissons l’évidence de l’inconnaissable nous initier aux « secrets de la nuit radieuse et resplendissante, intangible, plus belle que la beauté ».  De quoi s’agit-il ? du regard sans les murs, cher à Jean Bouchart d’Oural, espace sans borne, notre nature véritable. Ainsi soit-il.
Ceci étant posé, « [p]uissions-nous entrer dans cet obscure et lumineux silence et par un regard non arrêté, une non-saisie, puissions-nous contempler ce qui est avant et au-delà de toute vision et de toute connaissance. Le regard non arrêté ne voit plus rien de particulier: il voit. La connaissance non arrêtée ne connaît pus rien de particulier: elle contemple. C’est ainsi qu’est célébrer le suressentiel lorsque l’intelligence ne produit plus d’idée ou d’objet. »Denys l’Aérophagie, La Théologie mystique

 

 

« Que pourrait-on enseigner? Sa propre nullité? »

Peut-on apprendre le yoga? Surtout, peut-on l’enseigner? Ce pourrait bien être là une interrogation que ceux qui enseignent le yoga pourraient se poser sachant que la plupart des formations de yoga procèdent par accumulation de savoir. Mégalomanie puisque, relève mon enseignant, « [d]ans l’honnêteté, aucun enseignement n’est possible. Que pourrait-on enseigner? Sa propre nullité? Cela, vous l’avez déjà. C’est ce que nous avons tous en commun. […] Nous nous rencontrons dans la joie d’approfondir le pressentiment de notre autonomie, de notre non-besoin. Approfondir ensemble cette conviction que, lorsque je prétends avoir un besoin de quoi que ce soit, je suis malhonnête envers moi-même; que c’est cela qui me fait souffrir et non le prétendu manque. » (Eric Baret). Etes-vous emportés, là, maintenant, par la joie qu’une telle affirmation révèle, merveilleux, sinon passez votre chemin. Ce site internet n’est pas pour vous. Tout est ok.