Que peut-on enseigner?

Partout on nous propose des cours de yoga et ici aussi, me diriez-vous, il vous est aussi proposé du yoga. Encore et encore. Sauf qu’ici c’est le plaisir de se rencontrer qui est au coeur de notre pratique et que cette joie-là ne s’enseigne pas. Elle précède notre rencontre et elle se goute dans l’enthousiasme qui, en chemin, nous fait nous réjouir de la pratique à venir. Surtout, elle ouvre vers une forme d’honnêteté avec soi-même que des mouvements non-volutifs révèlent pour peu qu’on s’y adonne, à ce yoga qui se dit avant tout écoute, exploration tactile du corps.

Originaire de l’Inde, le yoga, maintenant mondialisé, serait un savoir et un tel savoir s’enseignerait.  A Genève, pour environ 28.- le cours; plus si l’on habite Zurich, moins si l’on réside en Valais. Le monde est beau dans son arrogance qu’une tel constat manifeste. Le yoga comme savoir. Mégalomanie puisque, relève le sage, « [d]ans l’honnêteté, aucun enseignement n’est possible. Que pourrait-on enseigner? Sa propre nullité? Cela, vous l’avez déjà [et PAFF!]. C’est ce que nous avons tous en commun. […] Nous nous rencontrons dans la joie d’approfondir le pressentiment de notre autonomie, de notre non-besoin. Approfondir ensemble cette conviction que, lorsque je prétends avoir un besoin de quoi que ce soit, je suis malhonnête envers moi-même; que c’est cela qui me fait souffrir et non le prétendu manque. » (Eric Baret).

Etes-vous emportés, là, maintenant, par la joie qu’une telle affirmation révèle, merveilleux, sinon et bien … tout est ok.