« Demeure l’obscur et lumineux silence ». Se taire.

Dans les pas de Denys l’Aérophagie, mystique chrétien du 6ème siècle, adepte d’une théologie aphasique qui résonne avec le « Ni ceci ni cela » de Cankara, demeurons dans « l’obscure et lumineux silence » puisque si le Réel n’est ni ceci ni cela, si on ne peut rien en dire, alors peut-être mieux vaudrait se taire ou demeurer dans ce silence-là qui le connaît en ne le connaissant pas. Laissons l’évidence de l’inconnaissable nous initier aux « secrets de la nuit radieuse et resplendissante, intangible, plus belle que la beauté ».  De quoi s’agit-il ? du regard sans les murs, cher à Jean Bouchart d’Oural, espace sans borne, notre nature véritable. Ainsi soit-il.
Ceci étant posé, « [p]uissions-nous entrer dans cet obscure et lumineux silence et par un regard non arrêté, une non-saisie, puissions-nous contempler ce qui est avant et au-delà de toute vision et de toute connaissance. Le regard non arrêté ne voit plus rien de particulier: il voit. La connaissance non arrêtée ne connaît pus rien de particulier: elle contemple. C’est ainsi qu’est célébrer le suressentiel lorsque l’intelligence ne produit plus d’idée ou d’objet. »Denys l’Aérophagie, La Théologie mystique