Vivre le monde

Connaissance de soi et expérience du monde

Si la seule vrai connaissance est celle de savoir qui l’on est  — issue de l’expérience directe —, une connaissance que l’on dit libératrice, alors il serait possible de s’ouvrir au monde, une fois apaisé, et accomplir ce pour quoi nous sommes destinés en toute simplicité. Comme une évidence de ce qui coule de soi… Ainsi désencombré, « tout va bien, on peut se relâcher », rappelle Jean Bouchart d’Orval.

Et pourquoi pas, à partir de cette ouverture-là,  connaître le monde qui est celui de notre quotidien à partir d’un double postulat:

D’abord que le monde phénoménal n’est pas structuré par des liens de causes et d’effets. Il n’y a que des effets dans le monde, nous dit Jean Bouchart d’Orval.  Pour le dire autrement, la discontinuité constitutive de notre monde manifeste une causalité qui n’est pas horizontal (entre des événements situés sur l’axe du temps, entre un avant qui serait la cause d’un après) mais verticale. On ne peut pas vraiment l’expliquer plus en avant ..  C’est tout le symbolisme de la croix qui est ici réinterprétée et, ainsi posé, qui est mis au service d’une compréhension du monde légère et, il faut bien le dire, résolument non moderne.

Ensuite que ce que je suis n’est pas pensable car ce que je suis n’est pas un objet. Mon intellect  ne peut qu’appréhender l’existence de manière dualiste en distinguant un sujet et un objet. Toute parole est un recouvrement.

Ce n’est rien de moins qu’une remise en cause de la science moderne, même si la physique quantique a déjà  montré à quel point nous nous trompons, nous qui continuons à agir avec un cerveau newtonnien.

L’ethnographie, qui s’attache à la description (et qui c’est toujours méfiée de l’explication), peut jouer un rôle dans une présentation d’un monde constitué uniquement d’effets puisqu’elle ne chercherait ici pas tant à expliquer qu’à donner à voir.