Art vs science

Ici, posé,  la distinction entre art et science, alors même que certains argumenteront que la relation entre art et science est celle d’une influence réciproque, d’un mélange, voire d’une co-production, l’art ayant par exemple permis de mettre en image certaines conceptions de la science. Art et science, en Occident,  seraient liés et cette liaison aurait participer à l’émergence de la science moderne. Dire cela c’est dire que l’esthétique aurait comme irrigué nos représentations du monde et qu’elle en serait en quelque sorte la condition de son émergence.  L’art aurait ainsi participé au développement de la la science et à la production du savoir scientifique. La peinture de paysage (perspective, point de vu de surplomb, vision englobante d’un monde maintient laïcisé) aurait joué un rôle majeur comme  « acteur » du développement de la science moderne.

Tel n’est pourtant pas le point de vue proposé ici puisque la science ne peut que rester dans un    rapport d’objectivation du monde alors que ce que je suis n’est pas objectif. Cette réalité-là, ce que je suis, pour subjectivité, l’art peut nous y amener.  La beauté, le saisissement esthétique, comme retours à qui je suis. La beauté est libre de l’objet de la beauté. L’expérience esthétique est équivalente à l’expérience spirituelle (métaphysique). L’art est distinct de la science en cela, en ce qu’il permet, s’il est pratiqué dans un sens traditionnel, cette reconnaissance de qui je suis.

Peut-être vaudrait-il mieux arrêter toute quête de savoir, entendu comme accumulation de connaissance, et s’abandonner, s’ouvrir à la joie de la poésie et , plus largement, à l’art au sens traditionnel. Le poète est philosophe et le philosophe se doit d’être poète. Le scientifique, lui, n’est ni poète, ni philosophe. Allons là où il y a de la joie. Retour au coeur.

Ceci étant posé, la science comme pratique, questionnement, est honorable et peut-etre qu’elle permet de donner une intelligibilité au monde qui est le nôtre et qui est en train de changer. La science ne nous aide en rien à vivre heureux dans un monde qui est, semble-t-il, en train d’évoluer vers le pire des mondes possibles (je songe notamment aux ouvrages de Mike Davis).