Métaphysique vs philosophie

Ce que je suis n’est pas à penser mais à vivre, à explorer par le corps.

Distinguons entre philosophie (qui utilise des mots, des concepts, pour comprendre/expliquer le monde) et métaphysique (qui est expérience du corps, exploration tactile de qui suis-je?) pour poser d’une part la fin de la philosophie: Kant a placé les charges explosives aux quatres coins du(des) système(s) philosophique(s), Nietzsche a appuyé sur le détonateur, Kant n’ayant pas oser le faire lui-même, pour ne pas heurter sa maman qui aurait trouver cela très mal … suggère Michèle Onfrey a qui je dois cette interprétation piquante de l’historie de la philosophie.

Disons aussi que la philosophie est née d’un malentendu, d’une trahison … avec Platon, lui qui a détourné le sens du mot logos, à l’origine savoir intuitif issu de l’initiation — c’est du moins en ce sens que l’entendaient les présocartique, Héraclites, Parménide … — pour le définir en terme de raison (la tête, la pensée) et utiliser la parole comme outil du débat . Je dois cette affirmation, que je cite de mémoire, à Jean Bouchart D’Orval.

Posons enfin qu’il y a comme un retour de la métaphysique en sciences humaines, et ce à partir de l’anthropologie car de nos jours la question ontologique serait un puissant opérateur d’intelligibilité pour comprendre la pluralité des mondes qui nous constitue en tant qu’être humain sur la terre – les multivers auraient remplacé l’univers, cela on le savait déjà avec James.  Parmi les penseurs de ce retour, citons Bruno Latour et Edouardo Viverio de Castro.  Or, la métaphysique passe par le corps et pas par la tête, ce que Nietzsche avait, me semble-t-il, affirmé avec force et que souligne Michèle Onfrey, ce qui — visiblement — ne permet pas de sortir du malheur: vous les trouvez heureux ces philosophes?

Ainsi posé, peut-être vaudrait-il mieux arrêter toute quête de savoir, entendu comme accumulation de connaissance, et s’abandonner, s’ouvrir à la joie de la poésie et , plus largement, à l’art au sens traditionnel. La beauté, le saisissement esthétique, comme retours à qui je suis. La beauté est libre de l’objet de la beauté et, ceci étant rappelé par Eric Baret, elle est équivalente à l’expérience spirituelle.