Thérapie/coaching

Si l’homme moderne, [vous et moi en sommes,] embourbé dans son mal-être, découvrait comme eux [les  visionnaires védiques, ces yogis des temps anciens],  la «Lumière immense et sans peur», il y trouverait un repos sans bornes pour son âme tourmentée, nous rappelle Jean Bouchart d’Orval, ouvrant ainsi à une approche  thérapeutique et à un coaching de vie résolument non moderne, alternatif, en résonance avec le sacré. Regarder, mais regarder, vous allez voir, nous dit Jean Bouchart d’Orval. Voir quoi? Ce que je ne suis pas. Voir nos mécanismes, nos dysfonctionnements au quotidien. Les aimer, sans commentaires psychologiques.

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Suivant Krishnamurti, on peut se demander si la thérapie ou le coaching, invention moderne, peuvent être autre chose qu’un moyen pour nous rendre adapté à une société, là nôtre, celle issu des Modernes, bien malade, voire agonisante. L’irruption de Gaïa se manifeste de manière divers et multiples (catastrophe en tout genre, guerre, crise financière, économique, sociale et politique .. écologique) et rappelle notre vulnérabilité. Faut-il pour autant vivre dans la peur? Ne pas avoir peur, ne pas s’approprier la peur, mais la sentir. Sentir tactilement la peur, c’est notre porte vers la libération, l’ultime guérison comme le dit Nisargadatta Maharaja, un état qui n’en est pas un et qui consiste à se rendre libre de nos conditionnements. La thérapie comme yoga des émotions, la peur ici est bienvenue, elle est la porte pour vivre ce que nous sommes, librement.

« Ah ! tout est essence très pure éprouvée par soi-même. Ainsi, ne te fais pas de soucis inutiles. » Voilà vibrante la proposition bienveillante du sage, Abhinavagupta, dont nous devons la traduction en français à Lilian Silburn.

Pas de thérapie possible puisque tout va bien, encore moins de coaching car la vie n’est pas à réussir, rien à attendre dans les techniques (ajournement, pour les handicapés du coeur), ne pas chercher à communiquer (manque de sensibilité corporelle, plus je communique, plus je me sens seul). Et pourtant, me diriez-vous, « je me sens à l’étroit dans ma vie, frustré » … cela je le  sais, je le vis .. les émotions ne sont pas à penser mais à sentir. Le yoga comme exploration tactile du ressenti.

Voilà, pour le dire vite, et cadrer la chose, puisque le yoga au sens traditionnel n’a rien a voir avec la thérapie et encore moins avec le coaching, une invention moderne, redisons-le, dans la mouvance des techniques de développement personnelle, bien trop souvent porté par l’idée qu’il y aurait une vie à réussir. Or, la vie n’est pas à réussir, elle est à vivre.

Expérience faite (la mienne, au quotidien), c’est la vie elle-même qui se charge de nous libérer du parasitage du mental (et donc se faire couper la tête!) autant que des sensibleries qui manifestent d’une affectivité exacerbée (et donc se faire arracher le coeur!). Pensée et affectivité nous coupent de l’autre, nous ferment à l’amour, pourtant toujours déjà là, nous voilent à notre nature véritable. Regardez, regardez, vous allez voir! Nous dit Jean Bouchart d’Orval.

Un coaching sans objectif et une thérapie sans intention de changer quoi que ce soit sont-ils possible ?  S’ouvrir à une autre manière, traditionnelle, d’organiser le rapport d’aide à l’autre, un autre qui comme nous souffre et qui vient nous voir pour sortir de sa souffrance, ce qui est légitime et qu’il s’agit d’accueillir. Comment aider l’autre? En le sentant, en étant libre de tout savoir prédéfini sur ce qui est bon pour lui, en écoutant.

Les choses viennent d’elles-mêmes. Laisser le yoga résonner dans le quotidien, sentir sa vie, écouter, regarder. Proposer autre chose qu’un coaching qui n’en est pas un puisque ici il n’y pas d’objectif, que les objectifs sont pour les gens qui ont peur et qui sont en recherche de sécurité. Et que la vie n’est pas à réussir et qu’elle ne peut donc pas être raté. Surtout, la vie est plus forte que nos efforts pour la contrôler.. se laisser être. A un moment ou à un autre, l’évidence s’exprime: le chasseur est le chassé. Le gibier, c’est moi!