L’ultime guérison

 » Exister en tant qu’individu séparé constitue la totalité du problème. Toutes ces choses, la complaisance dans les divers sens, les lectures, la recherche du savoir, de plaisir, tout est lié à cela. Lorsque tout cela s’évanouit, aucun problème ne subsiste.  La béatitude que vous ressentez alors est la véritable béatitude. Il ne s’agit  cependant  pas ici d’une suppression des activités. faites ce que vous voulez, mais n’oubliez jamais la réalité, ne perdez jamais de vue ce que vous êtes vraiment. Vous n’êtes pas le corps, vous n’êtres pas la nourriture, vous n’êtes pas ce souffle ce vie (prana). Tout ce qui et apparu est un état et, en tant que tel, doit disparaître ». Voilà qui est dit, incisif et tranchant, par un des plus grands maîtres du 20ème siècle, Nisargadatta Maharaja.

L’action ne libère pas, poursuit Eric Baret, ce qui libère c’est de s’ouvrir totalement à la situation.

En sommes c’est la fainéantise qui viendra à bout de notre bêtise, affirme, un peu provocateur, Jean Bouchart d’Oval. Et il poursuit. En avez-vous assez d’être clair, rappelle Jean Bouchard d’Orval, de comprendre, de savoir où vous allez dans la vie? En avez-vous ras le bol de vous améliorer tous les jours depuis vingt ans? Êtes-vous fatigué de vous prendre en main ? Finalement, avez-vous du temps et de l’argent à perdre?

Voir le manque et vivre le manque, oui, le manque affectif, le manque financier. Sentir tacitement ce que cela signifie quand l’émotion (peur, colère, jalousie, frustration, tristesse) vient nous visiter. Ce qui me fait souffrir ce n’est pas le prétendu manque mais vouloir que les choses soient autrement que ce qu’elles sont.

Le noeud du problème c’est la personne  — l’humanisme qui a mis l’individu au centre, comme la mesure de toute chose,  est une forme de dégénérescence — et c’est la raison pour laquelle le yoga que l’on pratique dans la tradition est essentiellement un yoga de la déconstruirions, pour abdiquer toute prétention à être une personne. Voir notre schéma. Se prendre pour quelqu’un, une entité  séparé. Défendre une identité, fixement, à tout prix. Car c’est la prétention à être une personne qui me pousse à défendre un point de vue, à m’affirmer contre l’autre, à chercher à le manipuler, à toujours vouloir autre chose que ce qui est là. Ne jamais rencontre l’autre. Quitter cette prétention à être une personne, ce que je suis est bien plus que cela même si on ne peut pas le formuler.